Léon Layon apparut au début des années 90. Il fut déposé par un fou de bassan sur une plage de Galice : Arou, un de ces bouts du monde magique. Il fut recueilli par Louise Savennières et Durutti Léone, deux pirates qui squattaient un cabanon de pécheurs prêté par José. Ses parents adoptifs s'étonnèrent à peine de voir que l'enfant était nippé de néoprène ( revêtu d'une combinaison plongée et de palmes).
Nourri à l'oursin et aux filets d'éperlan, dopé à la fleur de sel, il s'épanouit très rapidement. En 95, il devint copain avec un Polupe qui lui racontait des histoires tous les soirs : ça lui plaisait énormément et lui donnait des idées...
Il passait le plus clair de son temps à batifoler dans la salée, le nez dans le bouillon, au contact des poissons, des crustacés et de crevettes qui devinrent ses Amis.
Un jour d'été, il tomba amoureux de Nico, une ex-joueuse de piano à bretelles autogestionnaire et de son fourgon aménagé. La sirène angevine succomba immédiatement à son goût iodé et sur un lit de laminaires, de queues de vaches, de sargasses, ils mirent trois p'tits mousses sur chantier : Lou, Bars et Cie : les terribles poupounes! ! !
Ils se trimballèrent en tribu, un peu partout le long des plages d'Europe, de la Sicile à l'Ecosse, de l'Algarve au Danemark, de la Grèce à l'Islande : dépolluant les golfes pas très clairs, ramassant une foultitude de débris hétéroclites que Léon assemblait entre eux créant des personnages colorés : les fameux Nus Flottés.
La tribu s'arrêta finalement dans un Beaulieu, un jeu de boule de fort accroché dans les Côteaux du Layon (l'Yquem des prolos) mais ils continuaient à s'échapper régulièrement vers Belle-Isle la bien nommée, se ressourcer au coeur des vagues de la côte du dehors, au régal des Goëlands et aux p'tits bleu de la côte ouest.